Jenani Maheswaran, formulatrice vernis pour les peintures constructeurs du groupe BASF, témoigne sur son parcours et son quotidien au sein de l’industrie peinture.

Quel est votre parcours d’étude ? Les grandes étapes de votre parcours professionnel ?

Jenani Maheswaran : Après un bac scientifique, j’ai intégré les classes préparatoires de l’ESCOM puis un cycle ingénieur. En deuxième année, suite à plusieurs stages dans des secteurs d’activités totalement différents, j’ai débuté ma carrière dans l’industrie peinture lorsque j’ai eu l’opportunité de travailler pour R-M, marque de peinture automobile premium du groupe BASF. Pendant deux ans, l’entreprise m’a permis de travailler sur différents projets de formulation de teintes pour les peintures de réparation. A la fin de mon apprentissage, j’ai été embauchée pour les peintures constructeurs. Actuellement, je suis chef de groupe du laboratoire dédié à la formulation des vernis. Au quotidien, je travaille sur des projets pour les principaux constructeurs automobiles français. Chaque projet dure en moyenne un an, de la réception du cahier des charges à l’homologation du produit suite aux tests réalisés en conditions réelles.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ? Dans l’industrie peinture plus particulièrement ?

Mes différentes expériences dans le cadre de mes études ont vite confirmé mon goût pour la formulation. J’avais trouvé ma voie, mais le secteur d’activité où exercer mon métier n’était pas l’élément le plus important. Le témoignage d’une ancienne étudiante de l’ESCOM sur son parcours dans la peinture automobile m’a fait réaliser que j’avais une idée abstraite de ce secteur et m’a donné envie d’en découvrir plus. Peu de temps après, j’ai eu l’opportunité de travailler chez BASF. C’est comme ça que ma carrière dans l’industrie peinture a débuté. C’est un choix que je ne regrette pas. Ce domaine m’apprend beaucoup de choses sur mon métier mais aussi sur les spécificités de la peinture et de la couleur. Travailler en lien direct avec les constructeurs et être au cœur de leurs projets me permet aussi d’avoir des connaissances plus générales sur le secteur automobile.

« Tous les projets que nous gérons sont différents, avec des cahiers des charges et des exigences bien spécifiques qui nécessitent de se renouveler sans cesse. C’est très enrichissant et challengeant au quotidien, c’est ce qui me plaît ! »

Quelles sont les compétences les plus demandées dans votre métier ?

D’un point de vue technique, un formulateur doit connaître chacun des composants qu’il utilise et maîtriser toutes les réactions chimiques possibles. Il faut savoir jongler avec plusieurs milliers de matières premières à disposition, pour une formule finale qui n’en comprend parfois qu’une vingtaine. Il est également nécessaire de connaître les normes HSE propres à son domaine de compétence afin de proposer une formule complète, fiable et facilement reproductible.

Pour répondre aux cahiers des charges des clients, au-delà d’un sens aigu de l’organisation et d’une grande rigueur, il faut savoir prendre du recul et avoir un œil critique sur son propre travail.

Y’a-t-il beaucoup de débouchés ? Comment peut évoluer votre métier ?

Le secteur de l’industrie couvre des domaines d’activités très variés auquel le métier de formulateur peut facilement s’adapter. Par exemple, travailler dans l’industrie peinture n’est pas un frein pour intégrer l’industrie cosmétique si l’occasion se présente. Les produits et les clients finaux ne sont pas les mêmes, mais les composants sont très similaires (solvants, pigments, résines…). Lorsque j’ai commencé à travailler au sein du laboratoire peinture de réparation de BASF, je m’amusais d’ailleurs à comparer la conception d’une peinture à celle d’un vernis à ongles.

Il est aussi possible de s’orienter vers de nouveaux métiers. Après plusieurs années d’expérience au sein du laboratoire couleur, ce n’est pas rare qu’un formulateur se dirige vers un poste d’assistant technique. Lors des essais produits, en plus de la présence d’un commercial, les clients apprécient toujours d’avoir avec eux une personne ayant un regard technique sur les produits et leurs méthodes de développement. D’un point de vue commercial, c’est un réel atout pour une entreprise d’avoir ce type de profil dans ses équipes.

Quel est l’impact de la digitalisation sur votre métier ?

La digitalisation de l’industrie peinture a fait évoluer notre manière de travailler. Cela nous permet d’augmenter les performances humaines et de gagner en rapidité et en fluidité dans les échanges et les procédures, ce qui implique nécessairement une réorganisation. Dans le laboratoire, cela se ressent essentiellement au niveau des procédures administratives.

Quels sont les axes de développement de l’industrie peinture ? Chez BASF, le développement durable est un sujet que nous prenons de plus en plus en compte dans la conception des produits de peinture. Nous sommes aujourd’hui capables de développer des produits ayant de très faibles émissions de polluants. Nous prenons très à cœur notre responsabilité en étant attentifs à réduire l’impact de nos produits sur l’environnement, notamment en utilisant de plus en plus de matières premières biosourcées pour la production des produits.

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Fiche métier formulateur
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