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L’ITECH à l’honneur dans Télé Matin

L’émission Télé Matin s’intéresse à la préparation du diplôme d’ingénieur cuir de l’ITECH.

Industrie 4.0 : la France dans la course à la compétitivité industrielle

Avec la révolution numérique et sous l’impulsion des technologies de rupture, la frontière entre le monde physique et digital s’amenuise pour voir émerger une industrie interconnectée dans laquelle usine, clients, fournisseurs, collaborateurs, machines et produits interagissent : l’industrie 4.0. Le potentiel de cette « industrie du futur », bientôt industrie du présent, s’avère aussi puissant que ses enjeux sont nombreux. Par David Chaudat, Associé, Responsable du secteur Industrie, Services et Secteur public chez Mazars

Alors que l’année 2017 a connu plus d’ouvertures que de fermetures d’usines1 et que la production industrielle nationale est à son apogée depuis la crise financière de 2008, l’industrie française est aujourd’hui confrontée à des défis de transformation inédits, qui, s’ils ne sont pas relevés, pourraient bien fragiliser la compétitivité et l’attractivité du pays.

Les secteurs d’activité dans leur exhaustivité sont ainsi appelés à entreprendre une profonde mutation de leur modèle et de leur écosystème : production personnalisée et à la demande, redéfinition de la stratégie d’investissement, digitalisation de la chaîne de valeur et de l’outil de production, recours à l’intelligence artificielle, gestion des systèmes d’information, exploitation et sécurité des données, impact énergétique… Pour ne citer que les principaux.

Outre un réel optimisme et une confiance accrue en ce renouveau industriel, les patrons d’usines, déjà confrontés à la nécessaire évolution de leur business model, expriment unanimement le double challenge que constituent le renouvellement des compétences de leurs collaborateurs et l’importance du renfort de leurs dispositifs de cybersécurité. Certaines structures sont en effet encore particulièrement vulnérables aux cyberattaques : une entreprise de moins de 50 salariés sur trois en a déjà été victime et, plus généralement, 74% des organisations y sont exposées.

Bien entendu, les atouts et bénéfices de cette transformation imminente de l’industrie restent des plus prometteurs, entre gain de productivité, de qualité et de flexibilité, meilleure traçabilité, nouvelle capacité de personnalisation des produits, optimisation des consommations par l’efficacité énergétique, réduction des cycles de développement… Face à de telles opportunités, la France n’a d’autre choix que de prendre le virage de cette nouvelle ère industrielle si elle entend rester compétitive.

La France regagne progressivement l’intérêt des investisseurs et expatriés du monde entier

Permettre à la France d’écrire un nouveau chapitre de son histoire industrielle : c’est la finalité du vaste plan de reconquête mené depuis 2013 par le gouvernement, notamment avec la création du label French Tech en 2013, puis, fin 2017, du label French Fab à l’initiative d’Emmanuel Macron et de Bruno Le Maire. Cohérentes, ces créations de labels réaffirment la volonté profonde de l’Etat d’ériger la France au rang de pionnier de l’ère 4.0 et confirment la bonne compréhension du gouvernement des enjeux industriels contemporains.

Innover pour retrouver la croissance, devenir une référence voire un leader en matière de technologies de rupture, fédérer les acteurs de l’industrie française, redorer l’image de cette dernière et la promouvoir auprès des investisseurs, expatriés et jeunes diplômés… Voilà, dans les grandes lignes, les objectifs de l’Etat qui espère, à travers son investissement de 10 milliards d’euros dans l’innovation, mutualiser et lier les atouts d’une industrie nationale traditionnelle ultra performante au génie des startups, dont les idées et concepts toujours plus innovants permettent à la France de rayonner à l’international.

D’ailleurs, bonne nouvelle, une première vague de relocalisation a d’ores et déjà été observée à l’échelle mondiale : aux Etats-Unis, en Allemagne, mais également en France. Airbus, Zodiac et Rossignol, pour ne citer qu’eux, ont en effet pris le parti de réimplanter une partie de leur production dans l’Hexagone. Au vu du regain d’attractivité manifeste de ces trois pays à la fois pour les investisseurs, les talents et les entreprises elles-mêmes, les cas évoqués devraient faire partie des premiers exemples d’une longue série, qu’il nous tarde de découvrir.

Source : La Tribune

L’industrie du futur sera une industrie de service

A l’avenir, les industriels ne se contenteront plus d’écouler des produits. Ils vendront aussi des services. La numérisation de notre société et les progrès technologiques vont accélérer cette transition.
Les entreprises comme Amazon, Uber et Zappos ont développé une culture de service à la demande, où le service doit être instantané. Les fabricants industriels tendent eux aussi à s’orienter vers la servicisation, c’est-à-dire en vendant des performances et des résultats, et non plus uniquement des produits. Les progrès technologiques et la disponibilité des données, associés à notre appétit croissant pour les services par abonnement, favorisent cette transition.

Pour aller dans le sens de cette transformation du marché, les industriels doivent faire évoluer l’organisation de leurs services pour se concentrer sur la maximisation de la disponibilité des produits vendus, en basculant d’un modèle transactionnel consistant à réparer lorsqu’une panne survient à un modèle où les produits sont réparés de manière préventive pour éviter qu’ils ne tombent en panne.

Cette évolution du marché pousse les organisations à redéfinir la gestion de leur service après-vente, en offrant des contrats de service par abonnement, avec une attention particulière portée sur le bon fonctionnement du produit. Il est temps pour les fabricants de capitaliser sur cette période de changement, au risque sinon de perdre leurs clients. Plusieurs facteurs externes impactent ce changement auquel les organisations doivent s’adapter.

Technologies émergentes

De l’internet des objets au «machine learning» en passant par l’impression 3D, les technologies émergentes continuent d’impacter les entreprises évoluant dans des secteurs d’activité multiples et variés. À mesure que ces technologies évoluent et que de nouvelles tendances émergent, les industriels doivent s’équiper pour les exploiter à leur avantage, afin d’atteindre une plus grande efficacité – et en vue de maximiser effectivement la disponibilité de leurs produits.

> Lire aussi : Pourquoi les imprimantes 3D peinent à décoller ?

Les technologies émergentes étant les moteurs de ce que beaucoup appellent la quatrième révolution industrielle, les entreprises ayant mis en oeuvre ces technologies avec succès réussiront la transformation vers la servicisation.

Numérique et commerce en ligne

Alors que les ventes en ligne ne cessent de s’accroître, les industriels doivent anticiper la nécessité de proposer également en ligne la vente de pièces détachées. La numérisation a, dans un premier temps, été extrêmement coûteuse pour les entreprises, mais elle devient aujourd’hui rentable. De même, les technologies permettant cette évolution sont à présent moins chères à mettre en oeuvre, utiliser et optimiser.

Les fabricants recherchent ainsi de nouvelles façons et moyens alternatifs d’améliorer l’expérience client et d’augmenter leur chiffre d’affaires, afin de contrer la montée en puissance de concurrents tels qu’Amazon et Alibaba. Le numérique et le commerce en ligne sont là pour durer, et poussent les autres acteurs à adopter des solutions après-vente avancées, ainsi que des technologies de dernière génération.

Analyse prédictive et maintenance proactive

Avec une attention particulière portée sur la disponibilité des actifs comme critère de performance organisationnelle, l’intelligence artificielle et l’analyse prédictive jouent un rôle croissant dans la gestion de la chaîne logistique des services. La maintenance préventive est au coeur de ce nouveau modèle de service, et l’analyse prédictive est le seul moyen de la rendre possible.

Le passage de la propriété à l’accès implique que les ventes de nouveaux produits ne seront plus le levier principal de rentabilité, alors que la maintenance proactive représentera un facteur de croissance essentiel pour les industriels. La fluidité et l’efficience de la «supply chain» des services sont désormais vitales pour réussir, et l’analyse prédictive et la maintenance proactive sont deux solutions pour lutter contre la baisse de productivité qu’engendre l’indisponibilité des produits.

Il ne fait aucun doute que le comportement des clients évolue et, combiné aux ruptures listées plus haut, les fabricants se voient dans la nécessité de redéfinir leur modèle de services et de réinventer leur organisation après-vente. Pour réussir, ils doivent notamment pouvoir s’appuyer sur des stratégies et des technologies évolutives et être capables de s’adapter aux bouleversements qui continueront de transformer leur environnement. Assurer cette transition vers la servicisation leur permettra non seulement d’améliorer leurs revenus et leur efficacité opérationnelle, mais aussi de surpasser les attentes de leurs clients en leur offrant des services hors pair.

  Source : Les Echos